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samedi 29 octobre 2016

Discovering Tenkara Vol.3: Japanese Kebari. Practical Fishing Applications

Je vous avais déjà parlé il y a deux ans puis l'année dernière des excellents documentaires réalisés par John Pearson et Paul Gaskell  et c'est le troisième volet de cette saga que je vais  aborder aujourd'hui après l'avoir visionné plusieurs fois depuis sa sortie en Juillet dernier.

Ce documentaire de 90 minutes se compose de treize chapitres consacrés comme l'indique le titre aux applications des kebari utilisées par les protagonistes en présence. 


La première personne interviewée est Shoichi Saito qui pratique encore aujourd'hui le tenkara avec du matériel traditionnel. Il explique dans l'entretien pourquoi il ne pêche qu'avec des montages traditionnels et l'utilisation qu'il en fait. Si le tenkara traditionnel était pratiqué avec un souci d'efficacité et de rendement le tenkara contemporain tel qu'il est pratiqué aujourd'hui au Japon est essentiellement basé sur le plaisir de pêcher avec sa, ou ses, technique(s) favorite(s). Saito-san ne pêche qu'avec une kebari déclinée en deux tailles et trois couleurs. Cela peut paraître être peu mais il explique très bien pourquoi il a fait ce choix et il est des plus rationnels et comme souvent le fruit d'une observation raisonnée. Comme la plupart des pêcheurs au tenkara qui ont une longue expérience Saito-san base sa pêche sur la technique et non sur le matériel et il explique dans l'interview les trois techniques les plus probantes de sa pratique.


Saito-san n'est pas seulement un pêcheur mais aussi un inlassable promoteur du tenkara et du prendre et relâcher. Il enseigne depuis de nombreuses années la pêche et le montage aux enfants de l'école primaire d'Itoshiro.


Le second protagoniste de ce documentaire est un pêcheur que j'ai eu le plaisir de rencontrer lors de mon séjour au Japon Kazuo Kurahashi que tout le monde surnomme Kura-san qui réalise un montage qu'il utilise communément et nous explique sa théorie de ses montages. Là encore il se base sur son observation du comportement alimentaire des salmonidés qu'il pêche en fonction des saisons. Kura-san étant adepte du prendre et relâcher il n'utilise pas de kebari montées sur des hameçons de trop petite taille afin d'éviter de longues manipulation qui sont néfastes pour les poissons.


On retrouve ensuite Go Ishii, qui est l'interprète dans le documentaire, en tant qu'intervenant et il se livre à une séance de montage commentée. Le dialogue entre John et Go est très intéressant et je pense qu'il résume très bien la perspective des pêcheurs Japonais sur le tenkara: "C'est un loisir alors si ça ne vous amuse pas de le pratiquer à quoi bon le pratiquer?"
Ce documentaire compte également une séquence de montage par un excellent pêcheur en la personne de Kazumi "Ajari" Saigo. Il monte deux kebari différentes de par les matériaux utilisés, par leur design et bien sûr leur fonction puisqu'un pêcheur au tenkara ne choisit pas la kebari qu'il noue à son bas de ligne en raison de son apparence mais en fonction de la façon dont il souhaite pêcher. Etant un ancien pêcheur de compétition Kazumi Saigo a été séduit par le tenkara en raison de sa simplicité matérielle et de son efficacité technique.
Le dernier pêcheur intervenant est Tadashi Otani qui réalise un montage assez typique de son approche du montage qui est principalement basé sur la vitesse de plongée souhaitée de sa kebari attendu qu'Otani-san ne pêche que sous la surface. Ses montages sont très originaux et comme il le le dit en souriant: "Je suppose que les poissons n'ont pas toujours envie de manger la même chose."

Entre chacune de ces séquences on retrouve John et Paul qui résument brièvement et brillamment les faits mis à jour par les différents protagonistes. Comme cela avait été le cas avec les deux premiers volumes c'est vraiment un film très agréable à regarder et très riche en informations de première main puisque John et Paul depuis le début ont fait le choix louable d'aller chercher dès la début du projet "Discovering Tenkara" les bonnes informations à la source c'est à dire au Japon. J'attends maintenant le quatrième volet qui je n'en doute pas sera aussi passionnant que le sont les trois premiers.

Si vous souhaitez vous procurer ce DVD il vous suffit de cliquer ici.





samedi 24 septembre 2016

Une saison s'achève

Le caniculaire mois d'Août s'est pour moi déroulé sans pêche mais par chance Septembre a commencé par des journées pluvieuses ce qui était plutôt une bonne nouvelle pour les rivières et leurs habitants. Je partais donc dimanche dernier pour la fermeture de la pêche en première catégorie sous un ciel voilé et des températures clémentes. 


Les quelques pluies des jours précédents n'ont évidemment pas eu grand effet sur le niveau de l'eau mais un apport d'eau fait un baisser la température et remet les poissons en activité. Je me préparai donc sans empressement. Mon matériel était constitué de la canne Nissin Zerosum Oni Honryu 395, de six mètres de level line 号2.5, un mètre de fluorocarbone en 12/100 auquel était nouée une Yamato kebari. 


Je pêchai vers l'aval tous les postes abordés. Après le lancer je donnai à ma canne un mouvement oscillant de bas en haut afin de faire dériver ma kebari de façon erratique c'est à dire comme nage une véritable nymphe emportée par le courant. J'avais expérimenté avec succès cette technique l'été dernier avec Masami "Tenkara-no Oni " Sakakibara et comme je l'avais déjà constaté les techniques développées au Japon par les vrais experts du tenkara sont efficaces sur n'importe quel cours d'eau car elles sont basées sur l'observation rationnelle du comportement des salmonidés et sur une longue expérience de la pêche au tenkara. 





Toutes les truites prises pendant cette sortie prirent ma kebari au moment ascendant, quand elle remontait vers la surface. Cette technique donne de très bons résultats pour peu qu'on soit concentrés sur sa pêche car la ligne tendue en permanence aide à des ferrages très efficaces. 


Finalement vers la fin de la matinée le ciel s'éclaircît et je fis une pause pour déjeuner au bord de la rivière comme j'aime le faire dès que la météo le permet. L'endroit est généralement beaucoup fréquenté mais je ne vis personne en ce jour de fermeture.


Je pris au cours de cette dernière visite bon nombre de truites ravivées par les pluies récentes. Je ne parcourrai pas  une grande distance au cours de la matinée mais j'exploitai au mieux tous les postes à portée.


Après environ trois heures de pêche je repliai ma canne, en déconnectai la ligne que je remettais en place sur une bobine et rebroussai chemin jusqu'à chez moi. L'automne commence bien pour les truites, la pluie si bénéfique aux rivières après un été très chaud est de retour et les pêcheurs vont avoir les six prochains mois pour préparer la prochaine saison.
Ce matin je suis passé à proximité de cette rivière, ayant un peu de temps j'ai arrêté ma voiture sur le bord de la route pour aller l'observer; des gobages dans la brume en train de disparaître sous les rayons du soleil. 







mercredi 31 août 2016

La canne Nissin Zerosum Oni Honryu 395

Masami Sakakibara nous avait surpris l'année dernière avec l'excellente canne Nissin Zerosum Oni Honryu 450 et il a récidivé cette année avec celle dont il va être question aujourd'hui: la Nissin Zerosum Oni Honryu 395. 


Les caractéristiques théoriques de cette canne sont les suivants:

Longueur: 3,95 m
Brins: 8
Repliée: 64 cm
Poids: 85 g
Diamètre scion: 0,65 mm
Diamètre talon: 11,7 mm
Bas de ligne conseillé: 号 0,8 à 号 1,5 
Composition: 96% graphite


Ma canne mesure 3,98 mètres et son poids sans le bouchon de scion, donc en action de pêche, est de 82,5 grammes. 
La poignée faite d'un liège de très bonne qualité a une longueur de 30 centimètres à la forme similaire à la Zerosum Oni Honryu 450. Cette poignée est très confortable et assure une excellente tenue de la canne, à mon avis mieux que les poignées aux courbes plus prononcées comme les Royal Stage ou les Zerosum. 


La Zerosum Oni Honryu 395 est similaire sur le plan esthétique à sa grande soeur sortie l'an dernier la Zerosum Oni Honryu 450  et la qualité de fabrication est au même niveau c'est à dire exceptionnel.
Il est clair que ce duo de cannes se démarquent de la majorité des productions actuelles par le travail effectué non seulement pour développer ces cannes répondant à un niveau d'exigence rarement égalé.





Concernant la pêche avec cette canne on a affaire ici à une canne à l'équilibre parfait. Il en ressort donc une grande aisance à s'adapter à tout type de ligne tout en maintenant un niveau de performance optimum. 
Je pense que la personne qui a le mieux décrit cette canne est John Vetterli, co-fondateur de Tenkara Guides LLC: "Cette canne repousse les limites des performances maximum d'une canne tenkara dans un territoire jusque là inexploré. Poids faible, superbe équilibre, puissance massive en réserve. Cette canne et sa grande soeur, la Nissin Zerosum Oni Honryu 450, sont les équivalents dans le domaine du tenkara des hyper-cars d'aujourd'hui comme la Porsche 918 ou la Koenigsegg One-1."

mercredi 3 août 2016

Tenkara en Juillet

Le mois d'Août vient de commencer, il est donc temps de publier un résumé de ma pêche au mois de Juillet. Après un mois de Juin des plus incertains sur le plan météorologique Juillet a été très chaud ce qui finalement a eu du bon car cela a permis de faire baisser un peu le niveau sur la plupart des cours d'eau de la région. 


J'ai gardé tout au long du mois la même stratégie qu'en Juin c'est à dire multiplier les sessions de pêche courtes (2 heures maximum) mais en m'adaptant aux températures donc en pêchant uniquement tôt le matin ou tard le soir.

























Je pêchai tout le mois avec le même matériel: canne Nissin Zerosum Oni 450, level line Nissin Ony-ryu 号2.5 et ma fidèle Yamato kebari. N'ayant plus de dubbing de lapin sous la main je suis passé un peu par hasard au dubbing de lièvre. Une heureuse coïncidence a fait que j'ai reçu par une firme de fly-tying un échantillon du dit dubbing de lièvre le matin même où je me rendis compte ne plus avoir de dubbing de lapin. Bien entendu cela ne change rien à l'efficacité de ma Yamato kebari ni à sa fonction, cela ne modifie qu'un peu son apparence. Les truites, myopes comme des taupes, ne font pas la différence. 




Août commence par des journées grises et pluvieuses, la pêche sera sûrement moins facile mais on verra bien...

jeudi 30 juin 2016

Tenkara pendant une éclaircie

Le mois de Juin touche à sa fin et n'en finit pas d'enchaîner les journées grises, la pluie et les orages; il faut ne pas laisser une seule occasion d'aller à la pêche car il est bien difficile de faire des prévisions météo tant ces conditions sont instables. Quelques heures de soleil peuvent être suivies d'une journée complète de pluie ou d'un orage. Les rivières portent les stigmates de ces pluies récurrentes, elles sont restées teintées comme elles l'étaient en Avril.


Mais dès qu'une éclaircie dure un peu les truites montrent un peu d'activité. Finalement ces pluies fréquentes qui maintiennent l'eau à une température basse leur profite, en tout cas leur permet d'être plus tranquille que d'habitude car nombre de pêcheurs ont depuis longtemps remis les cannes au repos. Pour ma part j'ai choisi de pêcher mais uniquement sur de brèves sessions de trente minutes à une heure, cela m'évite le risque d'être surpris par la pluie ou l'orage avant d'avoir pris au moins une truite. 


Je pêche avec ma Yamato kebari et je dois dire que c'est un plaisir de voir les truites sortir de leurs caches pour venir la chercher. Je n'échangerai pour rien au monde une seule de ces kebari contre des nymphes lestées qui me priveraient de voir ces petits éclairs jaune et gris monter vers la surface. 


Pêchant une rivière que je ne visite que rarement je pense avoir choisi la bonne portion car la densité de truites est intéressante et les truites en question répondent à mes sollicitations malgré une eau assez sombre et qu'il y ait bien peu d'insectes à émerger ou s'échouer.
 


Je ne vais bien sûr pas me plaindre! Pêcher même avec des conditions météorologiques difficiles, les températures sont très en dessous des moyennes saisonnières et je peux à tout moment être surpris par une averse, est mille fois plus intéressant et valable que de penser à la pêche sans y être. 


Avec une canne de quatre mètres cinquante dans cette rivière de huit à neuf mètres de large j'obtiens facilement des dérives "naturelles", mon bas de ligne court et fin fait nager ma kebari d'une façon qui doit être très convaincante car celle-ci fait bouger les truites très rapidement. 



Après avoir pêché en remontant cette ligne droite j'arrive à un virage où la rivière est très peu profonde, l'eau y est un peu plus claire. Satisfait de cette sortie je me dis que l'heure du dernier lancer est arrivé, il y a une petite zone calme à droite du virage derrière un gros caillou. Ce serait surprenant qu'une truite n'occupe pas ce poste. J'y lance ma Yamato kebari qui a à peine le temps de commencer à dériver qu'une truite la prend. C'est une grosse truite! Je suis surpris mais je fais un ferrage instinctivement très ample, la rivière est si peu profonde que la truite n'a nulle part où aller. Je la laisse se débattre sur les graviers. 


Ce n'est pas une truite fario autochtone, sa robe trahit son origine mais je remarque que ses nageoires sont en excellent état donc c'est sans aucun doute une truite qui a survécu à son introduction dans la rivière et y a grandi. Je la soulève délicatement et la relâche exactement à l'endroit où je viens de la prendre. Je passerai quelques minutes à l'observer dans son trou où elle reprenait son souffle calmement. Je repliai ma canne et remis ma ligne sur ma bobine, il était temps de rebrousser chemin. En attendant la prochaine éclaircie.

samedi 18 juin 2016

Tenkara Fest 2016

A l'issue de la première édition du Tenkara Fest nous étions décidés, Eric Robert et moi-même, à organiser cet événement annuellement et cette année nous avions choisi la Lozère pour nous y retrouver. Comme nombre de pêcheurs nous sommes membres de divers réseaux sociaux et forums mais nous partageons le point de vue que rien ne vaudra jamais de rencontrer dans la réalité d'autres passionnés, ou des néophytes, et de partager quelques bons moments ensemble. 


Après environ huit cents cinquante kilomètres j'arrivai en Lozère sur les berges de l'Alignon où je devais rencontrer un jeune homme qui m'avait contacté via ce blog pour me demander de l'initier au tenkara, pêche qu'il avait envie de découvrir car comme il me le dît lui-même elle correspondait exactement à l'image qu'il se faisait de la pêche à la mouche.


Ce fût pour moi un plaisir de conseiller ce pêcheur qui montra rapidement de belles capacités et prit d'ailleurs assez vite sa première truite au tenkara.  



Je rejoignais ensuite les autres participants dans un gîte idéalement situé dans un endroit d'où nous avions un panorama vraiment grandiose. Mes camarades revenaient d'une belle partie de pêche fructueuse sur un parcours situé dans le village voisin et nous étions donc tous d'excellente humeur et bien contents de nous retrouver après un an.


Nous passerons une excellente soirée dans un esprit de partage et d'échange. Après cette première journée bien remplie nous étions fatigués et ne résistions pas bien longtemps à l'envie de se jeter dans les bras de Morphée. Pour ma part après neuf heures de conduite et deux heures de pêche j'étais littéralement lessivé. Le lendemain matin réveillés aux aurores par le chant du coucou voisin nous prenions un rapide petit déjeuner avant de descendre vers les berges du Tarn.


Sur ce tronçon les berges sont très encaissées, la rivière étroite mais ce fût pour moi un excellent moment de la découvrir en binôme avec mon ami Edouard pendant que Guilhem, Eric et Jean-Marc parcourait une zone en aval. Notre parcours est bien peuplé de truites fario sauvages et très discrètes et ce fût un plaisir d'en faire monter quelques unes sur nos imitations, voir ces truites foncer toute nageoire dehors sur ce qu'elles croient être un insecte qui s'échoue sur l'onde est très amusant. Lorsque deux heures plus tard nous redescendrons vers notre point de départ nous nous rendrons compte de n'avoir parcouru qu'environ trois cent mètres malgré de belles séances d'escalade. Ce fût d'ailleurs l'occasion d'observer sous le pont d'où nous étions partis une très belle truite postée à la sortie d'un courant en attendant que le courant lui serve de quoi se nourrir. 


Revenus à notre point de départ nous retrouvions nos amis qui avaient eux aussi passé un bon moment de pêche sur une portion plus en aval et nous décidions d'aller déjeuner avant de nous rendre dans les gorges du Tarn.


Le début de l'après-midi fût difficile à cause du vent qui s'engouffrait dans les gorges, il était difficile de garder le contrôle de nos lignes, ce qui est indispensable à la réussite au tenkara mais nous avions la chance de pratiquer dans des décors splendides et n'avions pas de doute sur notre capacité à contrer les difficultés. Edouard fût le premier d'entre nous à tromper une truite.


Le vent descendit vers seize heures nous offrant deux heures pendant lesquelles nous prendrons bon nombre de truites. 







Nous pêcherons ainsi avec succès à mesure que nous prenions de l'altitude. Les dernières cascades nous offrirent un spectacle grandiose et nous arrivions ensuite sur le plateau où le Tarn coule entre prés et forêts.


Arrivés sur le plateau nous pêcherons encore un peu et c'est avec surprise que je constatai à quel point les truites du plateau différaient par leur robe de celles des gorges.




Comblés par cet après-midi de pêche nous décidions de replier les cannes et nous fûmes rejoints par Eric et Jean-Marc qui avait pêché plus haut en aval sur le plateau. 


Après cette excellente journée de pêche nous rentrions au gîte où nous passerons une soirée mémorable.
Le lendemain nous allions à quelques kilomètres pêcher sur le Lot mais la matinée fût très fraîche et surtout venteuse, rendant la pêche très difficile bien que nous ayons eu l'opportunité d'observer de nombreuses truites sur le parcours où nous étions. 







Le ciel s'éclaircit en fin de matinée et c'est à l'ombre d'un platane que nous déjeunions avant d'être rejoints par plusieurs personnes avec qui nous nous rendions quelques kilomètres en aval sur un très beau parcours no-kill. Nous y ferons une belle visite ponctuée de belles captures. J'aurai l'occasion dans quelques semaines de revenir sur cette partie du Tenkara Fest.



Après trois jours passés ensemble nous nous séparions, tous contents d'avoir partagé notre passion pour le tenkara et nous nous disions: "A l'année prochaine!"